cahier français
02.02.2012
Rapport vaudois craint et attendu
Le chemin reste encore long pour les différents projets de rapprochements dans les Alpes vaudoises. Un vaste rapport est attendu dans quelques jours. Un chemin long aussi pour ces snowboarders avides de sensations fortes sur les hauteurs de Leysin.
Le chemin reste encore long pour les différents projets de rapprochements dans les Alpes vaudoises. Un vaste rapport est attendu dans quelques jours. Un chemin long aussi pour ces snowboarders avides de sensations fortes sur les hauteurs de Leysin. (© Swiss Image)
«Vision Alpes vaudoises 2020»: les cogitations d’un groupe de pilotage chargé de façonner le visage de toute l’entité agitent les esprits. L'Etat de Vaud fait monter la pression.
claude jenny

Si l’on en croit les bribes d’information dévoilées récemment par plusieurs médias, les cinq stations qui forment l’entité Alpes vaudoises (Leysin, Les Mosses, Château-d’Œx, Villars-Gryon et Les Diablerets) prépareraient «le mariage de la démesure» avec, dans la corbeille de la belle, la réalisation de la «Grande Boucle», soit la connexion de près de 200 kilomètres de pistes. Moyennant l’injection d’une avalanche de millions et l’implantation de nouvelles liaisons par câble.

De quoi alimenter un débat qui sera arbitré par l’Etat - en l’occurrence l’ex-arbitre Philippe Leuba, désormais à la tête du département de l’économie - et par les écologistes, qui ne laisseront sûrement pas fleurir les pylônes.

Multiplication d'events importants à Villars

Ce travail de réflexion - cette «vision 2020» - doit «sortir les Alpes vaudoises de la médiocrité»! Une délicate appréciation lancée par un expert mandaté par l’Etat pour accompagner la démarche et qui a fait mal aux oreilles de certains. «Ici, à Villars, cette appréciation a déplu, car elle ne s’applique pas à notre station qui est en bonne santé» déclare Jean-Christophe Lack, municipal au tourisme et président de Villars Tourisme.

Serge Beslin, directeur de l’Office de tourisme de Villars, se montre plus agacé: «Une récente étude du Crédit Suisse nous classe au 7e rang des stations suisses. Par ailleurs, grâce notamment à la multiplication d’events importants, nous avons presque équilibré les nuitées entre l’été (45%) et l’hiver (55%)».

«Pas si mal pour des médiocres!» lance-t-il ironiquement. «C’est juste une phrase choc de l’expert!»

Syndic de Château-d’Œx, Charles-André Ramseier ne s’en formalise pas et prend ces propos peu flatteurs comme un encouragement: «A nous de prouver que nous pouvons être meilleurs!» Sur le fond, les opinions sont favorables à la démarche entreprise. «La recherche d’une vision claire est indispensable si l’on ne veut pas faire n’importe quoi», estime l’ancien directeur de l’Office vaudois du tourisme.

Membre du comité qui pilote cette étude, Jean-Christophe Lack estime que le résultat ne peut apporter «que du bonus, car avoir une vision globale de l’avenir touristique de la région est nécessaire».

A quoi, concrètement, aboutira le processus? «Il faudra voir ce qui est réaliste. Ce qui est inéluctable, c’est que nous devons œuvrer sur les trois axes géographiques (Villars-Gryon-Les Diablerets ainsi que Leysin-Les Mosses et le Pays-d’Enhaut).

Après… on verra, mais il faudra faire avec…» lance-t-il, ne cachant pas la «grosse pression» exercée par l’Etat de Vaud, dont on soupçonne qu’il veut faire des Alpes vaudoises une seule destination avec une seule structure de gouvernance.

C’est bien ce qui irrite Serge Beslin qui «craint un nivellement par le bas». «On a vu ailleurs que les superstructures ne tiennent pas la route». Exemples récents: «Cœur du Valais» et Chablais Tourisme, qui ont volé en éclats. S’il se déclare favorable à un rapprochement, le directeur de l’OT de Villars souhaite par contre que les trois axes conservent leur autonomie.

Au niveau des offices du tourisme, le regroupement - imposé par l’Etat - est soit déjà réalisé (un seul pour Aigle, Leysin et Les Mosses, un autre pour l’ensemble du Pays-d’Enhaut), soit en train d’en prendre le chemin (entre Villars et Les Diablerets).

Une partie de la promotion se fait déjà en commun sous le chapeau d’Alpes Vaudoises Promotion (AVP). Au niveau des remontées mécaniques, Leysin et Les Mosses ont déjà convolé.

Des avis divergents sur la question de la gouvernance

Nous avons cherché à collecter une réaction auprès du commanditaire de tout ce chantier. Le chef du service compétent à l’Etat de Vaud nous a signifié un «embargo complet sur ce dossier», nous renvoyant à la présidente du comité de pilotage, Annie Oguey, syndic d’Ormont-Dessous, qui constate que si l’idée de la «Grande Boucle» est partagée dans la région, tout reste ouvert quant à la manière de la réaliser, et pas forcément, précise-t-elle, exclusivement par des liaisons par câble.

Une nuance qui a son importance. Elle n’exclue pas que certaines liaisons puissent se faire par bus. Sur la question sensible de la gouvernance, elle ne fait pas fi des sensibilités différentes d’une vallée à l’autre, mais admet qu’«il faudra bien imaginer une structure commune pour chapeauter l’ensemble».

Après avoir donné un coup d’accélérateur aux fusions de communes dans le canton de Vaud, Philippe Leuba saura-t-il coacher les nombreux acteurs du terrain touristique pour former une équipe gagnante?

  
Werbung
réagissez à cet article!
Quelle est votre opinion sur ce thème? Ecrivez un bref commentaire, votre avis nous intéresse!


Sujet
Texte
Remarque: vos propos doivent tenir dans 400 signes max.
   
Nom
Email
   
Code
   * Entrez le code ci-dessus
   
   Je suis d'accord les règles du jeu


Weitere Bilder zum Artikel
«A nous de ­prouver que nous pouvons être meilleurs.», Charles-André Ramseier, Syndic de Château-d'Œx.   (© zvg)
autres articles