cahier français
09.02.2012
L'esprit rock des chefs
Avec l'affiche de son World Tour, qui débutait à Genève, Omnivore affirme son ésthétique.
Avec l'affiche de son World Tour, qui débutait à Genève, Omnivore affirme son ésthétique. (© ldd)
Le collectif français Omnivore débutait son World Tour, à Genève. Déversant une louche de mentalité alternative sur le Salon Sirha et dans les établissements de la place.
alexandre caldara

Comme les stars du rock, Omnivore entame un World Tour de douze dates. Malgré la proximité de l'Arena, on se trouve bien à Palexpo, dans le cadre du Salon Sirha pour la première mondiale de cette tournée. Et au lieu de guitares hurlantes, les protagonistes se défient aux fourneaux. Au fond de la halle 7, on repère l'igloo gonflable qu'Omnivore érigera sur tous les lieux de son programme, le mobilier des chaises Flux ultra design complète le tableau. Omnivore veut tout sauf créer une ambiance traditionnelle. Qu'on se le dise, Omnivore est un collectif français qui défend depuis 2003 avec une esthétique alternative et ironique: la jeune cuisine. D'abord une revue, puis dès 2006 un festival au Havre accueillant Ferran Adrià et René Redzepi.

Pourtant Omnivore propose des démonstrations culinaires de 45 minutes avec des chefs suisses, français et belges que l'on pourrait trouver habituelles: «Nous voulons plutôt leur offrir un cadre protecteur qui leur permet de parler de leur identité de façon intimiste. On les contraint en douceur à livrer des instants personnels et singuliers», explique Luc Dubanchet, créateur d'Omnivore.

Les entretiens sont animés par Sébastien Demorand, critique gastronomique connu du grand public, pour sa participation à «Masters Chefs» de TF1. Il commente ainsi la production du Genevois Damien Mermoud: «Le Gamay sans soufre, ça me botte, ça me plaît, ça me parle.» Tout cela se déroule sur un plateau rond au centre du dôme, des caméras fixes gérées par un réalisateur alternent entre plans généraux et gros plan. Par exemple, sur les langoustines cuites sur carapaces proposées par Philippe Durandeau, chef de tous les restaurants de l'Hôtel La Réserve, à Genève. Un chef qui a accueilli dimanche soir dans ses cuisines William Ledeuil de Ze Kitchen Galerie, à Paris. Omnivore se plaît a présenter des duos de chefs pour un menu éphémère pendant les trois jours de sa présence à Genève et l'opération se nomme F***ing Dinners.

Ce que recherche Omnivore en arpentant un territoire gastronomique est la liberté. Luc Dubanchet admet que sa connaissance de la gastronomie suisse reste «modeste» pourtant, il cite volontiers Carlo Crisci, au Cerf, à Cossonay et Serge Labrosse au Buffet des Eaux-Vives, à Genève comme des représentants de cette tendance. Deux chefs présents sous dôme.

Lundi soir la party privée par son ambiance techno décomplexée et ses plats en rafales montrait aussi en pratique les bases d'une esthétique, dans le carton de pizza on peut servir une pâte feuilletée croustillante avec de la viande séchée et de la rucola. Ce que préfère Luc Dubanchet: «Des petits laboratoires pas très chers qui produisent du sens, une cuisine réfléchie et osée sans fausse chimie.»

  
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