Ils ne s’en plaignent pas encore trop, car la saison n’est pas terminée. Mais, même si septembre s’avérait excellent, les gérants des buvettes d’alpages vaudoises, valaisannes ou fribourgeoises devront classer l’été 2010 dans la catégorie des années sans grand profil. «Le bilan n’est actuellement pas très bon. En raison d’un mois de juin maussade, nous avons eu un démarrage tardif», explique Julie Bougot, exploitante de la Buvette des Charmilles, aux Mosses (VD).
«C’est une véritablecatastrophe»
Marcel Buchs, gérant de la Buvette Obere Allmend à Jaun (FR), fait le même constat: «Le temps était mauvais pendant les vacances.» A l’auberge Chez Gaby, à Champoussin (VS), Susanne Schüpbach va plus loin: «C’est une catastrophe. Nous avons beaucoup moins de monde que les années précédentes.» Cette vision n’est toutefois pas partagée partout. «On ne se plaint pas trop. Nous avons moins de nuitées, mais nous avons augmenté le chiffre d’affaires en terrasse», indique Danielle Richard, propriétaire et gérante du Refuge de Tour-d’Anzeindaz à Gryon (VD). Jean-François Biollaz a ouvert cette année la Ferme du Bisse à Mase, dans le val d’Hérens. Sa première saison est encourageante. «Ça marche bien, dit-il. Juillet a été très bon et, en août, nous avons eu du monde même durant les jours de pluie.»
Mais la météo n’est pas la seule raison qui explique ces résultats mitigés. La situation économique difficile pour certains ménages et la faiblesse de l’euro ont pesé sur les dépenses. Susanne Schüpbach le confirme: «Les gens viennent manger une fois au lieu de deux auparavant. » Un avis partagé par Danielle Richard: «Le cours de l’euro a certainement eu un effet sur la consommation.» Ses clients apprécient, en tout cas, les deux tables de pique-nique installées sur son site.
L’effet euro n’a pas épargné non plus le restaurant d’alpage La Tovassière, à Morgins (VS). «Les randonneurs de la région sont plus nombreux que ceux provenant de l’étranger. Nous avons eu beaucoup moins de clients français et nous avons encaissé moins d’euros», explique sa gérante et propriétaire, Jacqueline Rey-Mermet. Julie Bougot, pour sa part, n’a pas constaté de recul de la clientèle européenne, mais l’effet des budgets serrés: «Les clients ont tendance à sacrifier les desserts et ils commandent des assiettes communes.»
Les visiteurs regardentdavantage à la dépense
A la Cabane du Petit Oiseau, à Rathvel (FR), Alexis Tâche résume bien cette saison 2010: «La météo n’était pas très favorable, nous avons eu moins d’étrangers et les gens ont davantage regardé sur les dépenses.»
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